TEST Control Resonant : un voyage surnaturel complètement barré entre action, folie et gravité
par Martial DucheminRemedy quitte le confort du Oldest House pour transformer Manhattan en gigantesque terrain de jeu paranormal.
Manhattan sous acide, et franchement ça lui va bien
Sept ans après les événements du premier épisode, Control Resonant nous invite à découvrir une nouvelle facette de cet univers paranormal imaginé par Remedy. Cette fois, nous incarnons Dylan Faden, le frère de Jesse Faden, réveillé après sept années passées dans le coma. Alors que le FBC tente toujours de contenir les conséquences de la catastrophe précédente, une partie de Manhattan se retrouve coupée de la réalité et envahie par les Hiss, tandis qu'une mystérieuse force baptisée le Patterning et une prolifération de moisissures viennent compliquer encore davantage la situation. La mission de Dylan est donc assez simple sur le papier, retrouver sa sœur et tenter de remettre un peu d'ordre dans une ville qui semble avoir définitivement abandonné toute logique. Pour cette suite, la firme délaisse cependant le traditionnel shooter à la troisième personne au profit d'une aventure d'action beaucoup plus axée sur le corps-à-corps, l'exploration et les pouvoirs surnaturels.
Une identité visuelle que peu de productions peuvent réellement lui disputer.
Visuellement, Control Resonant réussit immédiatement à imposer sa personnalité. Manhattan n'a rien d'une représentation réaliste de New York et semble plutôt avoir été passée dans une gigantesque machine à tordre la réalité. Certains immeubles flottent, d'autres sont retournés, tandis que certaines rues donnent l'impression d'avoir été dessinées par quelqu'un qui aurait oublié où se trouvait le sol. Le résultat est régulièrement spectaculaire et donne au titre une identité visuelle que peu de productions peuvent réellement lui disputer.
Chaque secteur possède en plus sa propre ambiance. Downtown est largement dominé par les Hiss, avec ses lumières rouges et ses silhouettes flottant au-dessus des rues, tandis que The Park se retrouve envahi par une mystérieuse moisissure bleue. D'autres zones sont complètement remodelées par le Patterning et obligent même à revoir notre manière de nous déplacer. Cette production parvient ainsi à faire d'une portion pourtant limitée de Manhattan un terrain d'exploration étonnamment varié.
Les passages les plus réussis sont d'ailleurs ceux où Remedy abandonne les standards du monde ouvert pour laisser complètement parler sa créativité. Certaines séquences donnent une impression de vertige permanente, entre changements de perspective, bâtiments impossibles et déplacements défiant la gravité. L'influence d'univers comme Gravity Rush ou Doctor Strange peut parfois se ressentir, sans que l'ensemble donne l'impression de simplement reproduire ce qui existe déjà. Lorsque la réalité commence à se plier sous nos pieds, Control Resonant atteint régulièrement des sommets visuels.
Tout n'est cependant pas aussi enthousiasmant lorsqu'il s'agit de remplir cet immense terrain de jeu. Plusieurs bâtiments et intérieurs réutilisent les mêmes éléments, au point de donner parfois l'impression de visiter le même café, la même laverie ou la même galerie d'art avec simplement quelques mètres de décalage. La direction artistique est exceptionnelle, mais le recyclage de certains décors rappelle parfois que Manhattan n'est pas aussi vaste que le jeu voudrait nous le faire croire.







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