Un spectacle visuel sombre et majestueux
Nioh 3 marque le grand retour de la licence d’action-RPG dans un Japon féodal plus sombre, plus dangereux et surtout plus ambitieux que jamais. Cette nouvelle itération propulse la série dans une dimension plus ouverte, tout en conservant cette tension permanente qui a forgé sa réputation. Plus vaste, plus dense et plus nerveux, Nioh 3 ne cherche pas à révolutionner la formule, mais à la pousser dans ses derniers retranchements... quitte à laisser quelques plumes au passage. Nous nous sommes donc lancés dans cette expérience. Monstres décalés et univers déjanté, il est temps de vous en parler !
C’est un univers graphique qui ne se contente pas d’être beau, il raconte, il menace, il attire et il effraie, pixel par pixel.
Pour commencer, parlons de la partie visuelle. Alors, cela donne quoi ? Eh bien les graphismes de Nioh 3 frappent dès les premiers instants par leur puissance évocatrice. Chaque époque traversée possède une personnalité visuelle propre, suffocante et généralement magnifique. L’univers japonais féodal est plongé dans un chaos surnaturel où les yokai et les paysages déformés par le Purgatoire composent un tableau aussi inquiétant que fascinant. Les arrière-plans fourmillent de détails, les architectures anciennes sont rendues avec un soin remarquable, et les jeux de lumière tranchent avec l’obscurité environnante, créant une ambiance visuelle qui rappelle les estampes sombres autant que les peintures d’un Japon mythologique. Les effets de particules, les flammes vacillantes, les éclairs et la pluie battante contribuent à une direction artistique très immersive, tout en renforçant cette impression d’un monde sur le point de basculer. Nioh 3 réussit à articuler finesse esthétique et atmosphère pesante avec une élégance rare pour un action-RPG aussi intense.
En outre, du point de vue technique, Nioh 3 propose un équilibre intéressant entre performances et finesse visuelle, mais pas sans compromis. En mode Performance, le jeu mise clairement sur la fluidité, ciblant un framerate élevé et constant, ce qui s’avère idéal pour un titre où chaque parade, esquive ou contre est crucial. La réactivité de l’action ne souffre alors d’aucun accroc, et les combats gagnent en précision et en plaisir pur, sans que la tension ne soit jamais brisée par des ralentissements frustrants. À l’inverse, le mode Qualité pousse les détails graphiques plus loin ; textures plus fines, ombres plus riches, effets visuels plus travaillés... le tout compose des panoramas encore plus somptueux. Cependant, ce bonus esthétique se paie par une limite à 30 fps, un choix qui peut désorienter dans un titre aussi exigeant techniquement. Les affrontements, déjà nerveux, paraissent parfois moins incisifs à cause de cette baisse de fluidité, ce qui pourra gêner les puristes du timing parfait. C’est donc un vrai dilemme : opter pour la précision rythmique ou pour la beauté raffinée, chacun ayant ses mérites selon le style de joueur.
Au-delà de ces choix techniques, le soin apporté aux modèles et aux animations reste sympathique. Les yokai rivalisent de réalisme grotesque, leurs formes, textures et mouvements créant une sensation permanente d’être confronté à quelque chose de terrifiant. Les animations des samouraïs et des ninjas affichent une vivacité et un poids qui rendent chaque attaque lourde et satisfaisante, tandis que les poses finales, les éclats de lumière sur la lame ou les éclaboussures de sang intensifient encore cette impression de brutalité chorégraphiée. Certes, certaines zones ouvertes dévoilent quelques textures plus simples à distance ou des répétitions de décors, mais ces rares faiblesses n’entachent jamais l’impression globale. Nioh 3 est une prouesse visuelle capable d’allier horreur, mysticisme et fluidité. En mode Performance ou Qualité, le rendu visuel sert toujours l’action, rendant chaque paysage, chaque affrontement et chaque passage thématique encore plus captivant. C’est un univers graphique qui ne se contente pas d’être beau, il raconte, il menace, il attire et il effraie, pixel par pixel.
Martial DUCHEMIN Rédacteur en chef - Spécialiste Japon
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| Résident au Japon qui a trois passions dans la vie : les jeux vidéo, les figurines, et la bouffe. Adore les balades à Akiba, le retrogaming, et les salles d'arcade. Ma vie est vouée à Dragon Ball. |
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