Xeno-Krelian Wrote:
En suivant ta logique, pas seulement FF XIII, mais tous les J-RPG sont de mauvais RPG. Car les notions de libre arbitre et de conséquence de choix sont quand même deux aspects que l'on ne retrouve quasiment jamais dans le jeu de rôle japonais.
C'est vrai, c'est presque un fait établi. Ça ne veut pas dire que c'est une bonne chose. Je n'ai pas d'avis tranché sur la question. Néanmoins, on trouve des exception relativement culte : Phantasy star III, seiken densetsu III ( secret of mana II ), romancing saga, ou encore sword of mana, ne sont que quelques exemples de JRPG ou les structures narratives sont à embranchement multiples.
Xeno-Krelian Wrote:Ainsi, Shenmue ne se rapproche en rien de la "structure classique" du JRPG puisque quasiment aucun titres du genre ne propose justement cette liberté si attrayante.
Mais bien sur que si. L'exemple de shenmue me servait a illustrer le schema "
linéarité scenaristique d'un coté mais
non-linéarité structurelle de l'autre. J'ai même eu la précaution de parler "d'illusion de liberté".
C.A.D une ligne scenaristique ultra scripté, mais avec un système de jeu qui donne du "mou" au joueur, dans lequel le joueur peut s'écarter de la ligne, même si il doit toujours y retourner. C'est en tout cas ce que j'ai expérimenté dans les trois quarts des JRPG que j'ai approché, de Phantasy star sur master-system en 1991 jusqu'a FF XII en 2006.
Pour revenir au sujet, à la base de la problématique, l'objet de mon propos était de souligner que FF XIII était justement linéaire a la fois
scenaristiquement, mais aussi
structurellement. il faut 25 a 35h de jeu ( 37h pour moi ), pour atteindre le point où l'on peut enfin "s'ecarter de la ligne", et ce n'est que l'objet d'un chapitre.
La chose est effectivement "justifié" scenaristiquement.
La sensation d'enfermement, l'impossibilité pour le joueur de prendre des initiatives, l'impossibilité de se perdre 30 heures durant, soutiennent avec brio la thématique centrale et très actuelle : Qu'advient t-il d'une société ( cocoon ) renfermé sur elle même, obsédé par sa sécurité, où la peur de l'autre est exacerbé par les autorité ? Réponse : L'homme est maintenu dans l'ignorance dans un but de contrôle, sa vision du monde est erroné, incomplète, il est obligé de marcher droit devant lui, il ne peut tourner ni a gauche ni droite, en bref il vit dans une vision moderne de la caverne de Platon.
Puis ou bout d'une longue route d'abnegation, le joueur arrive dans
gran-pulse, et soudain, il est libre. La carte est ouverte, le joueur peut enfin faire autre chose que de suivre cette maudite flèche jaune, elle est toujours là, mais il peut feindre de l'ignorer. La vie y grouille, et les rencontres y sont dangereuses, très dangereuses. En somme, l'être humain s'extirpe de la société sclérosée incarnée par
cocoon, pour découvrir qu'en dehors de ses strict mur sécurisant, il est beaucoup plus en danger, mais il est enfin
libreOn le voit, le rapport fond / forme est ici traité avec subtilité : le joueur ressent péniblement, puis avec joie ce qui opposent les univers de Cocoon et de Pulse du bout de ses doigts. Si FF XIII était simplement une oeuvre à tentative de portée philosophique, je serai le premier a applaudir des deux pieds. Le problème, c'est que c'est aussi un jeu, et que du coup la première partie n'est pas exempt de monotonie, et parfois d'un profond ennui, et cela n'a rien de ludique.
Par ailleurs, ces thématiques et d'autres, qui considéré indépendamment sont vraiment très intéressante, sont beaucoup trop enrobés de tonne de sucreries visuelles pas toujours du meilleurs gout. Pourtant je suis le premier a reconnaitre que FF XIII est hallucinant visuellement, certain passage vous décollerons littéralement les rétines. Mais l'usage, pas toujours très pertinent, de fond sonore J-pop, et le trop grand écart entre les themes scenaristique et certain effet de mise en scène désinvolte, rendent tout les aspect les plus intéressant du jeu soluble dans le gameplay, qui lui, n'est pas toujours des plus... excitant.
Désolé, je me suis un peu emballé, mais il fallait que ça sorte. Comme vous l'avez compris, j'ai aimé FF XIII. Mais maintenant, croyez moi ou pas, soyez d'accord ou pas, mais quelque chose cloche dans ce jeu...