TEST Keeper : quand un phare apprend à marcher... et à émouvoir
Un voyage silencieux, étrange et profondément humain, où la lumière devient langage.
Un tableau vivant entre Dali, Pixar et rêve éveillé
Derrière son concept improbable (un phare qui se détache de son socle, se dote de jambes et part à l’aventure), Keeper cache bien plus qu’une curiosité visuelle. Développé par Double Fine, le jeu se présente comme une expérience contemplative et sensorielle, sans dialogue ni interface intrusive, qui nous invite à explorer un monde surréaliste rongé par une étrange corruption. Dès les premières minutes, Keeper pose son ton... Nous ne sommes pas là pour sauver le monde à coups d’épée ou de fusil, mais pour le comprendre, l’éclairer et, peut-être, le réparer. Une proposition déroutante au départ, presque trop sage, avant de révéler peu à peu une richesse créative insoupçonnée.
Keeper est une claque artistique permanente.
Cette maîtrise artistique est renforcée par une mise en scène extrêmement soignée. La caméra, volontairement contrainte, cadre chaque plan comme un film d’animation. Presque chaque arrêt sur image pourrait être imprimé et accroché au mur. Certaines séquences visuelles, notamment dans la seconde moitié de l’aventure, flirtent avec l’abstraction pure et proposent des moments que nous n’avions tout simplement jamais vus ailleurs dans le jeu vidéo. Tout n’est pas parfait pour autant puisque quelques transitions maladroites entre cinématiques et gameplay cassent parfois l’immersion, et certaines animations secondaires paraissent plus raides que le reste. Mais ces aspérités n’entachent jamais l’identité visuelle globale, qui reste l’un des plus grands atouts du jeu.
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Malheureusement un excellent jeu absolument pas marketé correctement, ni soutenu par Microsoft lors de sa sortie…