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Doctor Strange in the Multiverse of Madness critique review vignette 07 05 2022

CRITIQUE de Doctor Strange in the Multiverse of Madness : la magie du MCU à son paroxysme !

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Marvel Studios a fait confiance à Sam Raimi pour ce 28e film de son univers super-héroïque, avec pour conséquence une œuvre qui sort du lot.

Depuis le lancement de sa Phase 4 l'an dernier, le Marvel Cinematic Universe est en pleine transition plutôt chaotique sans fil rouge narratif bien établi, si ce n'est son exploration récente des possibilités du Multivers. Cet objet narratif aux contours encore flous, mis en avant depuis la série Loki, est la porte ouverte aux idées les plus folles, de légères variations provoquant de grands changements dans What If...? au fan service le plus total faisant s'imbriquer plusieurs sagas cinématographiques dans Spider-Man: No Way Home. Le MCU se complexifie donc lentement en tendant toujours plus vers les comics, introduisant des concepts dans l'esprit du spectateur lambda et par la même occasion des personnages, en plus de définir un nouveau statu quo pour ce qu'il reste des Avengers. Par son titre même, nous avions donc de folles attentes envers Doctor Strange in the Multiverse of Madness, un film promettant d'emblée de nous faire découvrir différentes réalités et réalisé par nul autre que Sam Raimi (les trilogies Spider-Man avec Tobey Maguire et Evil Dead avec Bruce Campbell, entre autres), qui s'y connait donc bien en super-héros et en film d'horreur.

Une réelle bonne surprise en termes de réalisation et de développement de personnages.

En effet, si ce n'était pas assez clair au travers des vidéos promotionnelles, le réalisateur nous livre un long-métrage Marvel bien plus sombre qu'à l'accoutumée avec des touches horrifiques et parvient à conserver sa patte artistique malgré les contraintes posées par cet univers (très) étendu. À ce sujet, nous ne pouvons que vivement vous conseiller d'avoir regardé la série Disney+ WandaVision avant de vous rendre en salles au risque de passer à côté de la caractérisation de la Sorcière rouge d'Elizabeth Olsen, et bien sûr le Doctor Strange de 2016. Le reste nous apparaît facultatif, même si l'épisode de What If...? dédié au sorcier fait office de bon bonus, entre autres. Dans tous les cas, n'arrivez pas en retard, car ça démarre au quart de tour !

Doctor Strange in the Multiverse of Madness critique review 01 07 05 2022Le spectateur que nous sommes est d'emblée embarqué dans une séquence d'action haletante prenant place dans une étrange dimension, où une version alternative du héros campé par Benedict Cumberbatch est pourchassée par une entité démoniaque aux côtés d'America Chavez, une nouvelle venue jouée par Xochitl Gomez, alors qu'ils tentent d'entrer en possession d'un artéfact magique, le Livre de Vishanti. L'adolescente finit par réussir à fuir et c'est alors que notre Doctor Strange se réveille. Un simple cauchemar ? Le rythme se calme ensuite quelques instants alors qu'il assiste à un heureux évènement pour son amie Christine Palmer, avant de rebasculer sur un affrontement dantesque dans les rues de New York face à une créature tentaculaire. Cet effrayant Gargantos aux allures de Shuma-Gorath (heureusement que ce n'est pas lui au final, compte tenu de son petit rôle) donne lieu à de belles chorégraphies utilisant les arts mystiques, lui qui tente de capturer la jeune America. Eh oui, cette dernière a atterri dans cet univers, ce n'était donc pas un songe. Mais qui en a après elle et pourquoi ? Nous n'en dirons pas plus sur le déroulement au-delà de ce premier quart d'heure rondement mené, si ce n'est qu'un peu d'aide ne pouvant à priori pas faire de mal, Doctor Strange va se tourner vers Wanda Maximoff, bien au fait de ce qu'elle a précédemment vécu à Westview.

Le scénario de Michael Waldron se révèle au final bien plus classique que ne le laissaient envisager les bandes-annonces, qui occultaient d'ailleurs volontairement les véritables enjeux et en montraient un peu trop à notre goût. Quoi qu'il en soit, les tenants et aboutissants sont assez simplistes, mais néanmoins logiques en termes de cheminement. Nous pourrions ainsi résumer le tout comme étant une course poursuite sous tension à travers le Multivers. Clairement, un tel récit maîtrisé vaut bien mieux qu'une succession d'incohérences pour justifier du fan service, et les facilités scénaristiques inhérentes à ce type de projet s'acceptent dans l'ensemble. Nous avons pris du plaisir à voir cette succession d'évènements se dérouler sous nos yeux et les deux bonnes heures que dure le film ont défilé sans jamais lasser, alternant avec justesse entre action et scènes d'exposition, tout en proposant des transitions très stylisées. La fin nous a également bien surpris dans sa soudaineté, qui sur l'instant nous a fait croire à un acte supplémentaire, avant que le générique ne se lance et nous laisse pantois. Du pur Sam Raimi en somme, qui n'hésite pas à s'autoréférencer ou réutiliser à sa manière d'autres scènes cultes du 7e art.

Doctor Strange in the Multiverse of Madness critique review 02 07 05 2022Le style du réalisateur ne peut pas laisser indifférent, faisant sortir le film du carcan du MCU. Malgré sa classification « Tout public » en France (PG-13 outre-Atlantique), certains passages un peu trash et volontairement violents ne sont sans doute pas à montrer à une jeune audience sous peine de traumatisme ! Sans spoiler sur la manière ou qui est concerné, certaines morts ont une légère saveur de Fatality, bien que la gestion des plans de caméra lors de ces moments laisse à penser que le curseur a volontairement été abaissé pour ne pas trop choquer chez Disney. L'aspect horrifique se prête parfaitement au caractère occulte d'une partie des personnages, avec des idées de mise en scène simples et pourtant terriblement efficaces, tentant même quelques jump scares. Oui, la tension est vraiment bien palpable lors de certains passages, laissant à la fois le spectateur et les protagonistes dans un certain flottement, sachant pertinemment ce qui va arriver, une certaine léthargie parfaitement capturée par l'objectif. La menace dont nous tairons le nom semble tellement implacable que les rapports de force sont quelque peu à géométrie variable pour laisser une chance à nos héros, jusqu'au dénouement assez déconcertant, mais tout à fait raisonnable.

Et quid du Multivers dans tout ça ? Son utilisation risque d'en décevoir certains qui s'attendaient peut-être à une déferlante de fan service, puisque les univers réellement visités se comptent sur les doigts d'une main, un peu dommage avec un tel titre, mais au moins le film ne s'éparpille pas trop. Les « caméos » sont donc en quantité limitée et servent dans l'ensemble une fonction bien particulière qui fera inévitablement débat. Cela n'enlève en rien au plaisir procuré lors du visionnage, avec un léger côté madeleine de Proust renforcé par un certain thème musical pour un personnage en particulier, et quelques références bien placées pour ceux qui suivent assidument le MCU. Le dépaysement est donc minime, mais quelques plans arrivent tout de même à en mettre plein la vue. Le Multivers fait au final plutôt office d'outil au service du développement de Stephen et Wanda, de miroir sur leurs actions.

Doctor Strange in the Multiverse of Madness critique review 03 07 05 2022Benedict Cumberbatch incarne toujours avec classe son rôle de sorcier hautain, qui a d'ailleurs droit à une entrée en scène super-héroïque digne de son statut, et pourtant si humain lorsqu'il s'agit de ses interactions avec Christine Palmer (Rachel McAdams). Cette dernière est loin de n'être qu'une figurante, une bonne surprise. Et Multivers oblige, il joue également des versions alternatives de sa personne, parvenant à en délivrer une interprétation bien distincte. Malgré qu'il soit Sorcier Suprême, Wong (Benedict Wong) reste de son côté un sidekick fort appréciable, qui nous a bien fait rire par ses répliques, mais aussi un peu déçu par l'une de ses actions. Pour son introduction, America Chavez a surtout servi l'intrigue sans spécialement briller, mais arrive à être attachante, il faudra toutefois patienter pour voir quels sont les projets à son égard. Quant à Wanda, c'est simple, elle vole la vedette au reste du casting dans chaque scène ou presque dans lesquelles elle apparaît. Elizabeth Olsen délivre une prestation magistrale qui rend parfaitement justice à son personnage de Sorcière rouge et vient clôturer son arc narratif. Enfin, au-delà d'un duel que nous pouvons qualifier de symphonique, qui nous a particulièrement plu, la bande-son de Danny Elfman supporte parfaitement l'action et a de quoi nous coller quelques frissons, se révélant par moment menaçante, mystique voire porteuse d'espoir. Elle nous restera cependant moins en tête que celle de Eternals.

Doctor Strange in the Multiverse of Madness est peut-être loin du grand chamboulement espéré et ne fait qu'ouvrir des portes pour l'avenir du MCU, mais il constitue une réelle bonne surprise en termes de réalisation et de développement de ses personnages. Pour terminer, tradition Marvel Studios oblige, nous avons droit à deux scènes post-génériques. La première sert d'introduction à une figure potentiellement importante, mais qu'à priori seuls les lecteurs de comics reconnaîtront, et atténue le « choc » de l'épilogue. La deuxième, située à la toute fin des crédits, est sans nul doute un petit kiff du réalisateur à côté duquel le grand public risque de rester de marbre, mais qui nous a bien fait rire. Puisque Doctor Strange est amené à revenir, espérons que Sam Raimi effectuera alors une nouvelle incursion dans le MCU.

Note : 4 étoiles sur 5

Le premier Doctor Strange et la série WandaVision sont disponibles sur Disney+, dont l'abonnement coûte 8,99 € par mois ou 89,90 € à l'année.

redacteur vignetteAlexandre SAMSON (Omega Law)
Responsable Correcteur - Rédacteur
Accro à Assassin's Creed et Destiny, grand amateur de RPG et passionné d'expériences vidéoludiques en général. Lecteur de comics (DC) et de divers mangas (One Piece !). Chimiste de formation et Whovian dans l'âme.
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Commenter 1 commentaire

Malvik2
Merci pour ce retour détaillé mais si je peux me permettre vous rentrez beaucoup trop dans les détails dû films; que l’on ait des infos sur la qualité d’écriture du film et son rythme soit, mais de là à carrément nous détailler tout le début du film, les différents intervenants etc…on est pas loin du spoil quand même, j’ai été obligé de sauter un tas de lignes.

Je le dis sans animosité aucune, évidement ;)
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