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Halloween Kills Critique 01

CRITIQUE Halloween Kills : ça slash ou ça casse ?

par

Michael Myers en veut évidemment à Laurie Strode de l'avoir abandonné dans les flammes. Un second volet aussi intense que le précédent ?

Fervent représentant du slasher movie, où un homme malfaisant traque ses jeunes victimes, la saga Halloween est née en 1978 avec La Nuit des masques de John Carpenter. Des suites ont vu le jour, à la qualité toute relative, puis un reboot en deux volets par Rob Zombie à la fin des années 2000. John Carpenter a tout de même remis la main à la pâte pour une nouvelle trilogie réalisée par David Gordon Green, le Maître de l'Horreur participant ici à la production et à la musique, en compagnie de son fils Cody. Le Halloween de 2018 se déroulait 40 ans après La Nuit des masques, alors que Laurie Strode (Jamie Lee Curtis), en compagnie de sa fille Karen (Judy Greer) et sa petite fille Allyson (Andi Matichak). refait face à Michael Myers, évadé de l'asile psychiatrique.

Un slasher movie tout à fait correct, avec son lot de morts sanglantes.

Halloween Kills Critique 03Halloween nous avait donc laissé il y a trois ans avec une famille soulagée par la mort de Michael Myers, emprisonné dans la maison de Laurie, en flammes. Halloween Kills est sa suite directe, et bien évidemment, le tueur masqué n'est pas mort, et il veut finir le travail en tuant Laurie, ce qui est réciproque. Mais la grand-mère est blessée, coincée à l’hôpital, et c'est toute la ville de Haddonfield qui décide de se soulever pour mettre fin au règne de terreur de Michael Myers, hantant les habitants depuis 40 ans. Un second volet d'une trilogie qui laisse quand même les spectateurs sur leur faim.

Il faut dire que cette fois, Laurie Strode n'est pas au cœur de l'action, blessée à l'abdomen et peinant à se sortir de son lit d’hôpital. Ici, c'est un certain Tommy Doyle (Anthony Michael Hall) qui joue les justiciers en menant les traumatisés de Haddonfield au combat, quitte à dériver en s'en prenant à des innocents. Halloween Kills joue la carte de la critique sociétale dénonçant les habitants armés, une idée plutôt intéressante donnant lieu à une scène particulièrement intense, mais dans l'ensemble, le film reste un slasher movie sanglant mais qui manque de rythme. Michael Myers se fait presque aussi discret que Laurie Strode, mais fort heureusement, ses apparitions sont toujours marquantes et violentes. Le film ne fait pas dans la finesse avec des exécutions qui raviront les fans du genre, perverses et parfois particulièrement gores, malgré une première scène de massacre au pied d'une maison en flammes trop sombre, en contre-jour, pour être réellement choquante.

Le début du film traîne en longueur, le spectateur ne sait pas trop où il va, fort heureusement, le rythme est crescendo, avec toujours plus de meurtres dans le dernier segment, jusqu'à un final pour le moins surprenant et sanglant. La réalisation de David Gordon Green reste assez classique, reprenant les codes introduits par John Carpenter il y a plus de 40 ans maintenant. Michael « The Shape » Myers terrifie autant qu'il surprend, avec quelques jump scares efficaces et surtout une mise en scène de sa stature imposante et inébranlable, apportant la mort à coups de couteau, mais pas seulement. Le réalisateur va même jusqu'à recréer une scène de poursuite similaire à celle du premier film de la franchise, un hommage réussi et qui arrive quand même à surprendre en même temps.

Halloween Kills Critique 02Le tout est porté par une bande originale signée Daniel Davies et John et Cody Carpenter, le Maître de l'Horreur ressort son bon vieux synthétiseur avec un thème toujours aussi saisissant qui accompagne les génériques de début et de fin, et qui ponctue surtout les apparitions de Michael Myers, clouant le spectateur sur son siège. Une réussite auditive qui laisse quand même la place aux bruitages particulièrement dégoûtants de chair découpée et d'os cassés, symboles d'un tueur surpuissant et inarrêtable, malgré tous les efforts du monde.

Halloween Kills est donc un slasher movie tout à fait correct, avec son lot de morts sanglantes, mais il souffre du syndrome de l'épisode de transition, n'apportant pas grand-chose à l'histoire. Le film de David Gordon Green tente des choses, notamment en reprenant des codes du vigilante movie, mais l'ensemble manque de rythme, avec des scènes en compagnie de Laurie Strode pas très intéressantes, qui sont seulement là pour préparer le terrain en vue de sa suite. Halloween et Halloween Kills seront complétés par Halloween Ends, attendu l'année prochaine, un épisode qui nous dira si oui ou non cette trilogie redorera enfin le blason de cette saga horrifique culte.

Note : 2,5 étoiles sur 5

Vous pouvez retrouver le Halloween de 2018 à 10 € et le vinyle de la bande originale de Halloween Kills à 24,35 € sur Amazon.

redacteur vignetteClint008
Rédacteur - Testeur

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