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Indiana Jones and the Dial of Destiny poster 07 04 2023

CRITIQUE Indiana Jones et le Cadran de la Destinée : destiné à être oublié

par

Il y a une légende populaire selon laquelle Indiana Jones et le Royaume du Crâne de Cristal n'existe pas. Il se pourrait qu'Indiana Jones et le Cadran de la Destinée le rejoigne bientôt dans le Triangle des Bermudes du cinéma. Alors que James Mangold et Lucasfilm n'avaient qu'à livrer une copie sans trop de défauts pour offrir un dernier tour de piste à Harrison Ford dans la peau du célèbre aventurier, ils n'ont fait que renforcer la sensation que cette saga aurait bien dû s'arrêter à sa trilogie originale.

2h30 de blockbuster moderne dénuées de charme, d'intérêt et parfois même de sens.

Indiana Jones and the Dial of Destiny vignette 07 04 2023Le Cadran de la Destinée force Indy à renfiler le costume pour percer les secrets d'un ancien cadran séparé en deux par Archimède, qui pourrait remettre en cause tout ce que nous savons du concept même du temps. Sa filleule Helena Shaw, fille d'un ami proche créé sur le tas en la personne de l'archéologue Basil Shaw, veut mettre la main sur l'artefact convoité par son père décédé pour des raisons pécuniaires, au même titre que Jürgen Voller, scientifique nazi reconverti en ingénieur aérospatial pour la NASA. Cela amène forcément une course-poursuite à travers le monde où les méchants ont toujours un coup d'avance ou de retard, dans la plus grande tradition des films d'aventure « à la Indiana Jones ».

Pas de quoi fouetter un chat ? Certes, mais là où nous attendions de cet Indiana Jones 5 qu'il atteigne au moins les (bas) standards des nombreux longs-métrages qui se sont inspirés de la trilogie originale, il offre un legacyquel sans saveur, sans idée, sans humour. En dehors de son final abracadabrantesque, aucune scène n'a d'impact, que ce soit par sa force narrative ou ses idées dramatiques, James Mangold semblant avoir perdu tout son savoir-faire pour ne proposer que des plans serrés au montage rapide qui ne réussissent même pas à maintenir l'attention du spectateur.

Les scènes d'action sont sombres et brouillonnes, et ne laissent percevoir que des concepts de mise en scène sans jamais marquer ou même divertir. Les longues séquences de poursuite bafouent les lois de la physique et de la mécanique sans vergogne, et certains effets spéciaux sont terribles, surtout quand il s'agit d'animer le corps d'un aventurier rajeuni au deepfake, une technologie qui ne prend décidément pas malgré toutes les avancées technologiques. L'écriture n'est pas en reste, avec des dialogues insignifiants, sans émotion même lors de réunions au forceps avec des visages du passé, et des punchlines qui nous ont fait révulser les yeux jusqu'à l'arrière de notre siège. Seule Phoebe Waller-Bridge, pleine d'entrain et de bagou, semble s'amuser dans cet amas d'ennui, aux côtés d'un jeune Ethann Isidore clairement mal dirigé, et un Mads Mikkelsen dont le charisme si naturel ne perce pas plus l'écran que cela, pas aidé par un rôle de méchant aux ambitions troubles. Même Harrison Ford semble absent, tant il n'imprime pas la pellicule et n'a plus son aura d'antan, lors des joutes physiques comme verbales. Et que dire des rôles de Shaunette Renée Wilson et Antonio Banderas, expédiés avant même de devenir intéressants.

Indiana Jones and the Dial of Destiny vignette 01 12 2022

Dès l'imbuvable scène d'introduction, qui culmine par une énième scène de bagarre dans un train en marche, nous avions l'impression que nous allions passer un mauvais moment, et cela n'a pas manqué. Nous avons seulement été tenu en haleine par l'envie de savoir ce que réservait vraiment le cadran d'Archimède, un artefact qui donne lieu à un dernier arc surréaliste et hautement discutable qui a au moins le mérite de nous sortir de notre torpeur. Qu'importe sa portée ou sa symbolique, ce final n'a pas pu toucher sa cible chez nous, lassé par ces 2h30 de blockbuster moderne dénuées de charme, d'intérêt et parfois même de sens, là où un simple film d'aventure aux codes 80s aurait suffi. Laissons les vieilleries au placard et, par pitié, arrêtons de produire de grosses productions sans la moindre idée cinématographique ou scénaristique derrière.

Note : 1 étoile sur 5

Indiana Jones et le Royaume du Crâne de Cristal est disponible en Blu-ray à partir de 14,50 € sur Amazon.fr.

redacteur vignetteAuxance
Rédacteur
Rédacteur préféré de ton rédacteur préféré depuis 2009, passionné de musique qui fait boom boom, adepte de séries comiques en tout genre. J'ai un peu trop joué à Pokémon dans ma vie.
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Commenter 5 commentaires

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Jango Jack
Outch, si j'étais prêt à un moment (au moins dans le doute) de me payer une place de ciné car c'est Indy, la Disneyisation me faisait peur. En voyant les critiques, dont la vôtre, ça me conforte de pas donner une place et une once d'encouragement à cette machine plus qu'enrayée.
On attendra qu'il soit dispo, ailleurs.
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Nabooh
Pour moi, c'était couru d'avance, déjà la bande annonce sentait le flop.

Si vous voulez voir une vrai oeuvre cinématographique, originale, avec une super BO, un pris à parti graphique risqué mais payant, et qui fait réellement honneur à une licence existante depuis des dizaines d'années, je ne peux que recommander le dernier Spider Man avec Miles Morales, qui est vraiment un excellent film d'animation, avec un travail abattu titanesque.
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FarscapeOne99
Un peu d'objectivisme ne ferait pas de mal. Il s'agit peut être d'un mauvais Indiana Jones, c'est la partie subjective mais absolument pas d'un mauvais film.
Mettre 2,5/5 à Uncharted et 1/5 à cet Indiana Jones en tant que film, ce n'est pas possible.

Cet Indiana Jones 5 n'est pas un mauvais film, néanmoins le temps passe et le film le reflète sur nous, trentenaires/quarantenaires qui ont grandi avec les 3 premiers opus. Désormais nous avons atteint l'âge du héros de cette époque là. A partir de là, ce nouveau film peut se vivre comme un malaise si nous ne sommes pas capable de faire la part des choses et de le prendre pour ce qu'il n'est pas.

La magie n'opère plus, certes, mais nous vivons dans un monde où cela est généralisé. L'insouciance des années 80, le reaganisme, etc, cela est impossible aujourd'hui car nous avons évolué.
Ne pensez vous pas qu'un film qui nous présenterait aujourd'hui un Inde façon temple maudit ou encore une Egypte aux chapeaux rouges très caricaturales ne passerait pas ?

Ce film est divertissant et plutôt sincère dans plusieurs de ses propos. C'est bien moins scandaleux que certains films marvel (le dernier Ant-Man en tête)
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