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Vignette Serious Game

Serious game : l'avenir des jeux vidéo en marche ?

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Notre dossier sur un secteur encore peu connu, mais en plein boum aujourd'hui, les "serious game".

Des usages multidomaines

 

Les serious games peuvent avoir plusieurs vocations. Loin des causes nobles de l'apprentissage scolaire, la plupart des jeux sont développés à la demande de grandes entreprises, afin de réaliser une publicité pour leurs produits, pour recruter et former leurs employés, ou encore les évaluer. Le serious gaming peut aussi servir une cause politique, pour les ONG par exemple.

 

 

En 1983, Coca-Cola finance le développement sur l'Atari 2600 du jeu Pepsi Invaders. Au lieu des traditionnels aliens du jeu Space Invaders, le joueur doit tirer sur les 5 lettres P E P S I. Destiné aux seuls employés de la firme d'Atlanta, le jeu a uniquement été tiré à 125 exemplaires. Le titre, très rare aujourd'hui, suscite l'engouement des collectionneurs.

 

Pepsi invaders

 

 

Le géant Nestlé n'est pas en reste, en 2006 il finance le développement du jeu Smarties Meltdown, nouvelle forme de marketing pour promouvoir ses "Smarties". Le jeu est vendu en Europe uniquement, et récolte de piètres critiques par la presse européenne.

Smarties Meltdown

 

 

En France, la RATP utilise depuis peu un serious game pour participer à la formation de ses chauffeurs de bus, le Bus Training Game. Cette courte vidéo présente les enjeux de l'outil, commenté par les gestionnaires et réalisateurs de ce projet.

 

De nombreux serious games sont sortis pour soutenir une cause humanitaire (lutter contre la faim dans le monde), ou encore une cause politique. Ce jeu par exemple, September 12th, a été développé par Gonzalo Frasca. Très simple dans sa réalisation, le joueur ne peut ni gagner, ni perdre. Confronté à une ville du Moyen-Orient où évoluent civils et terroristes, derrière son viseur, le joueur pense pouvoir éliminer les terroristes de la ville. Mais choqués devant les victimes collatérales que fait chaque missile, les civils restants se transforment alors en terroristes. Il devient impossible d'éliminer tous les terroristes. Pour essayer ce jeu en quelques secondes, sans installation, ni téléchargement : September 12th, n'hésitez pas, l'expérience est intéressante, et montre bien l'utilité de ces serious games.

Cette simulation se veut instructive : lutter contre le terrorisme par la violence s'avère inutile.

september-12th

 

La plupart des serious games sont développés à destination des PC, ils peuvent ainsi être publiés et jouables gratuitement sur le Web, en flash ou en téléchargement. Moins nombreux, les "jeux sérieux" sont tout de même présents sur consoles, comme l'exemple du jeu Smarties cité plus haut, ou encore Brain Training sur DS. L'acte d'achat obligé sur console restreint le développement du serious gaming sur ces plateformes, le créateur préférant diffuser le jeu gratuitement.

 

Commenter 4 commentaires

GIMB
Enfin, en même temps, quand tu joues, c'est pour te détendre et pas pour te bousiller les neurones. Je demande pas à réfléchir comme un taré dans un jeu, moi!
Après, faut trouver le juste milieu et rendre le jeu raisonnablement difficile.

Y'a l'école pour être un zombie intellectuel, je crois que c'est suffisant. Le jeu vidéo essaye de développer un chemin qu'il devrait peut-être éviter...
Il risque d'oublier peu à peu le but 1er de sa raison d'exister: le divertissement.
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JYveszzr
Alors ... que dire ...?

Le jeu éducatif ça existe, ça à toujours existé.
J'ai... hum.... bientôt 50 balais...
J'ai connu l'informatique grand public à ces débuts quand j'étais ado.Je suis donc passé comme tous les vieux geek (ahhh c’était mieux avant mais qu'est ce que c'était moche ... enfin bon c'est un autre débat ) par la console pong/tennis puis la coleco vision, mon premier micro un Alice 90, un canon MSX, un C64, un Amiga et le premier PC. Tout ceci en un temps relativement court, je ne me souvient pas de nom de jeux "éducatifs" mais on pouvais déjà trouvé des jeux qui soit disant aidaient à l'éducation....
Puis le temps passant, ben, couple et enfants.....
Comme tout bon geek ils ont fini par avoir leurs PC ( relativement jeune ) monter avec les piéces récupéré au fond des placards.
Sont donc arrivé (ceux dont je me souvient le nom) adibou, marine malice, l'oncle Ernest, Pyjama Sam, Pouce Pouce etc......
J'ai donc pu constaté que le jeu éducatif ne tient pas la route si il n'y a pas jeu, car ces titres sont bien des jeux qui aux détours apprennent des choses mais reste avant tout des jeux.
Les "apprengiciels" dont je ne me rappelle plus les noms n'ont jamais plus à mes gosses ils sont donc passé aux oubliettes car trop sérieux mal conçu trop directif, comme l'école quoi.

Le jeu est une distraction pour les gens. Comme pour le cinéma il y a un public pour tous les genres, mais la majorité va vers le genre "je quitte mon univers pour me vider la tête et oublier un quotidien pesant et sans fun".

Quand on me dit que les jeux vont devenir "sérieux" cela me laisse dubitatif... c'est comme dire que le cinéma va se "Godard"risé.... laissez moi rire si les acheteurs ce tourne vers des jeux sérieux, en majorité, je pense que l'on sera réellement rentré dans une société de gens qui achète Télérama tous les jeudi et qui suivent à la lettre ce qui est écrit dedans. Une société de cato bien pensant ou le jeu n'aura bientôt plus sa place....

Enfin bref je n'y crois pas.... sinon pourquoi autant de succès pour BF Wow SWOR Skyrim Assassin's creed ect....

Pour parler plus précisément de cet article, j'ai essayé à l'époque de sa sortie le jeu de l'us army ben j'ai lâché l'affaire rapidement et suis retourné sur mon MOH... le "serious game" RATP ect ? ne parle t’ont pas plutôt de simulateur d'entrainement que de "game" pareil cela à toujours existé.
Quand au jeu September12 l'idée que la violence ne peut combattre le terrorisme.... me laisse pantois. Le terrorisme n'en est que lorsque l'on en est la victime... mais la frontière est mince entre terroriste et résistant.... pour les allemands en France victime d'attentat lors de la dernière guerre, ils étaient victimes de terrorisme.(point Godwin atteint assez rapidement :D ) Attention je ne cautionne pas le terrorisme mais la philosophie de ce jeu me parait pour le moins simpliste et dirigé....

Je ne crois pas donc au fait que les serious game s'imposeront plus qu'ils ne le font actuellement, ils ont leurs place mais ne concerne qu'une minorité bien spécifique comme les simulateur de camion poubelle ect....
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cR4p0
Dossier très intéressant, l'ayant étudié en cours j'ai un autre avis que les réactions que j'ai pu voir du coup je me permet de réagir à leur propos :

GIMB Wrote:Enfin, en même temps, quand tu joues, c'est pour te détendre et pas pour te bousiller les neurones. Je demande pas à réfléchir comme un taré dans un jeu, moi!
Après, faut trouver le juste milieu et rendre le jeu raisonnablement difficile.

Y'a l'école pour être un zombie intellectuel, je crois que c'est suffisant. Le jeu vidéo essaye de développer un chemin qu'il devrait peut-être éviter...
Il risque d'oublier peu à peu le but 1er de sa raison d'exister: le divertissement.


Je ne suis pas forcément d'accord avec ta conception du jeu vidéo. Avant d'être un divertissement, c'est avant tout une expérience, tant dans la démarche active d'entrer dans un univers vidéoludique que dans les enseignement implicites qu'il t'apporte (apprentissage d'un gameplay, réflexes mis en oeuvre, découverte d'un univers inconnu jusqu'alors, choix durant une partie).
Ceci étant, on constate que l'évolution du JV aujourd'hui suit la même politique que celle du cinéma et de la télévision, à savoir divertir. Dès lors, on pourrait être en droit de penser que la conception d'un JV a pour principal but de divertir, ce qui est loin d'être son objectif premier.
C'est un syllogisme que de penser que le JV se cantonne à nous divertir.
L'usage qu'on peut avoir du jeux-vidéo peut être divertissante, au même titre qu'un film qu'on irait voir au cinéma, mais ce n'est pas le cas de tout le monde. Tout les films ne sont pas divertissants et tous les jeux-vidéo ne le sont pas. Rappelons tout de même que le cinéma s'est élevé au rang d'art et que le jeux-vidéo se dirige vers cette dénomination.

Alors certes la conjoncture actuelle fait que les éditeurs obéissent à la loi de la rentabilité maximale, donc il est évident qu'on verra sans cesse des titres phares continuer jusqu'à épuisement, dont l'objectif n'est pas une expérience ni le divertissement des joueurs mais une rentabilité maximale de la part des éditeurs. On pourrait faire un parrallèle avec les blocs busters baclés ou les tv réalités.
Seulement le cinéma ne se cantonne pas qu'à des blocs busters, prenons un film comme Dancer in the dark, Straight Story ou même encore Rubber. Ce sont des films qui n'ont pas vocation de divertir les gens mais partager une expérience cinématographique, nous faire ressentir des choses, nous montrer autre chose que ce qu'on a l'habitude de voir. Certes ces films sont peu nombreux comparés au reste mais limiter son raisonnement dû au simple fait qu'un grand nombre de jeu nous divertissent, c'est contre nature.

Je reste persuadé que certaines pépites vidéo-ludiques apportent plus qu'un simple divertissement au même titre que la musique, le cinéma ou toute autre forme de création. En ce sens, les serious-games ont un intérêt particulier. Je ne dis pas que les serious games doivent prendre le contre pied des jv "classiques", je dis simplement que certains serious games permettent plus facilement d'évoquer ce genre de problématique de part des intérêts économiques plus maléables et un objectif moindre. Je reste intimement persuadé qu'au même titre que certains réalisateurs mondialement connus, l'évolution du JV fera qu'on assistera à des JV d' "auteur", qui sortiront des sentiers battu de ce que j'appellerai les "junk games".

Personnellement, j'ai joué à certains serious games et ils m'ont (pour la plupart) fait beaucoup réfléchir sur des questions d'ordre politique, économique ou même moral. L'exemple le plus frappant est Peace Maker. Un jeu très simpliste dans son gameplay (une simulation gouvernementale, entre le "grand" stratégie et le tour par tour), mais très riche dans les possibilités offertes au joueur. Placé à la tête d'une des deux nations, le but est de faire en sorte qu'une harmonie puisse exister dans cette zone du monde, en prenant des choix qui auront un impact sur la population, sur les électeurs, sur la situation économique du pays, ou l'image renvoyé au monde et au organisations intergouvernementales. Le but de ce jeu n'est clairement pas le divertissement, mais bel et bien une réflexion sur une situation donné, qu'on pourrait qualifier comme "Si tu avais les commandes, est-ce que tu ferais mieux que ce qui se fait déjà?"
(à méditer)...

Je pourrais en citer plein d'autres, mais les intéressés peuvent trouver des catalogues de serious games tous plus intéressants les uns que les autres.

JYveszzr Wrote:Quand on me dit que les jeux vont devenir "sérieux" cela me laisse dubitatif... c'est comme dire que le cinéma va se "Godard"risé.... laissez moi rire si les acheteurs ce tourne vers des jeux sérieux, en majorité, je pense que l'on sera réellement rentré dans une société de gens qui achète Télérama tous les jeudi et qui suivent à la lettre ce qui est écrit dedans. Une société de cato bien pensant ou le jeu n'aura bientôt plus sa place....


Si pour toi Godard est l'emblème du sérieux on est mal ! Sans vouloir rentrer dans le détail, la nouvelle vague c'était de la branlette question réflexion, le scénario tenait sur un paquet de cigarettes, le but était plus de capter une sorte d'instantanéité sans chercher le sur-jeux qui existait auparavant.

De plus je pense que ton raisonnement sur ce point ne tient pas la route, tu sous entend que les gens qui achèteraient des jeux sérieux ne seraient que des moutons qui font ce qu'on leur dit de faire. Juste une question, quand tu regarde les émission de divertissement ou que tu achète les jeux les plus "populaires", n'as-tu pas l'impression de faire justement "comme tout le monde", n'as tu pas l'impression d'inconsciemment suivre le troupeau?

"C'est dans la différence que se cultive l'intelligence"
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