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CRITIQUE Army of the Dead Zack Snyder (2)

CRITIQUE de Army of the Dead : Zack Snyder renoue avec les zombies

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13 ans après L'Armée des Morts, le réalisateur revient avec Army of the Dead, une production Netflix oubliable.

Avant de devenir le réalisateur de films de super-héros (Man of Steel, Batman v Superman : L'Aube de la justice et Justice League), Zack Snyder s'est fait un nom avec ses longs-métrages très stylisés, presque clipesques, comme 300, Watchmen : Les Gardiens et Sucker Punch. Mais encore avant cela, pour sa toute première fois derrière la caméra, le réalisateur avait accouché de L'Armée des Morts (Dawn of the Dead en anglais), remake très réussi du Zombie : Le Crépuscule des morts-vivants (Dawn of the Dead en anglais, merci les traductions) de George Romero. 13 ans plus tard, revoilà Zack Snyder avec Army of the Dead (qui n'a rien à voir avec L'Armée des morts-vivants), une production Netflix qui n'arrive pas à séduire.

Une production Netflix oubliable qui ne marquera pas les amateurs de films de zombies.

CRITIQUE Army of the Dead Zack Snyder (3)Army of the Dead se déroule peu après qu'un convoi de l'armée américaine se soit crashé, libérant sa cargaison : un zombie surpuissant qui va être à l'origine d'un carnage à Las Vegas, transformant les habitants et touristes en dévoreurs de chair fraîche. Impuissants, les États-Unis ont placé en quarantaine la zone, créé des parcs de réfugiés qui ont tout perdu autour, mais planifient maintenant de raser la région avec une grosse bombe nucléaire, la solution à tous les problèmes outre-Atlantique. Ce qui n'est pas du goût de Bly Tanaka (Hiroyuki Sanada), propriétaire d'un casino sur le Strip et qui s'est fait rembourser son argent perdu, mais qui aimerait quand même s'en mettre plein les poches en récupérant les dollars entreposés dans son coffre-fort. Il charge donc Scott Ward (Dave Bautista) de monter une équipe pour s'infiltrer dans la zone infectée, forcer le coffre et sauver les 200 millions de dollars à l'intérieur. Scott accepte, contre une belle somme, et la fine équipe se rend dans la zone fermée pour exécuter le plan, qui ne se déroule pas sans accrocs bien évidemment.

Nous n'allons pas trop en dire sur le scénario d'Army of the Dead, qui est ultra prévisible et finalement peu intéressant. Tous les clichés des films de zombies sont présents, que ce soit le héros motivé par une noble cause, les traîtres repérables à 500 mètres, les personnages secondaires qui prennent des décisions idiotes mettant tout le monde en difficulté, rien n'est original, le spectateur peut deviner qui va vivre et qui va mourir très rapidement. Il faut dire que Zack Snyder repompe un tas de films d'horreur, mais pas seulement de zombies, le personnage de Chambers (Samantha Win) étant un décalque grossier de Vasquez (Jenette Goldstein) dans Aliens. Un autre protagoniste fait également écho au film de James Cameron, mais en parler serait du spoil. Globalement, les personnages sont là pour remplir des fonctions, malheureusement pour Dave Bautista qui a sans aucun doute bien mieux à proposer face à une caméra tant son jeu d'acteur peut tout aussi bien passer par la violence dans les combats que l'émotion dans les dialogues. L'histoire propose évidemment quelques retournements de situation et même des idées intéressantes, mais rien n'est suffisamment bien exploité pour marquer le spectateur, à l'image des camps de réfugiés, sans doute une tentative de critiquer les véritables camps aux États-Unis, mais le résultat ne convainc pas.

CRITIQUE Army of the Dead Zack Snyder (1)Pourtant, les films de zombies sont souvent politiques, qu'en est-il d'Army of the Dead ? Eh bien non. Rien du tout. L'erreur de l'armée, à l'origine de la catastrophe, n'est jamais évoquée, et la marée d'humains infectés à Las Vegas n'est même pas à l'origine de la moindre réflexion sur le consumérisme américain. Non, ici, Zack Snyder essaye même d'humaniser les zombies, mettant de côté les mangeurs de chair classiques pour se concentrer sur le Patient Zero et les Alphas, des zombies plus rapides et plus puissants, capables de courir. De quoi faire bondir les puristes, même si Danny Boyle a déjà montré que cela fonctionnait avec 28 Jours plus tard. Sans trop en dire, ces infectés spéciaux ont une sorte d'intelligence, ce qui donne lieu à des séquences atypiques pour un film de zombies, même si là encore, l'idée est mal exploitée tout au long du métrage. Nous sommes loin du Bub du Jour des morts-vivants de Romero, mais plutôt avec des créatures dotées d'un instinct. L'occasion d'admirer en gros plans ces monstres parfaitement maquillés, un des très bons points d'Army of the Dead, qui bénéficie d'un joli budget et d'une bonne maîtrise des effets spéciaux.

Zack Snyder propose donc ici un film d'action davantage qu'une critique sociétale, mais dans l'ensemble, il y a de quoi être déçu. L'aspect de film de braquage est complètement oublié, l'équipe se monte en quelques minutes et le spectateur n'arrive jamais à vraiment se rendre compte de la difficulté du plan, si ce n'est par la dangerosité des zombies. Outre des dialogues plats et des retournements de situations convenus, nous avons droit à des scènes d'action très « Snydiennes ». Plans léchés, mouvements de caméra au ralenti, flous volontaires et fréquents, la patte du réalisateur est palpable, quelques séquences sont vraiment intenses, divertissantes et intenses, même si l'ensemble manque là encore d'originalité et de fraîcheur. La mise en scène réussit tout de même à ne pas être trop confuse, malgré une image parfois très sombre, et ces séquences d'action font le job, celui de divertir le spectateur. Dommage qu'elles s'inscrivent dans un long-métrage qui traîne en longueur (2h30), avec des moments parfois inutiles ou mal amenés, alors qu'à l'inverse, d'autres séquences semblent avoir été charcutées au montage, avec notamment le sort de personnages laissé en suspens.

CRITIQUE Army of the Dead Zack Snyder (2)

Alors, que pensez d'Army of the Dead avec tout cela ? Eh bien, c'est au final un film de zombies assez quelconque, qui se regarde malgré ses longueurs et qui divertit par ses scènes d'action. Le scénario n'a rien d'intéressant, les personnages sont clichés, la mise en scène plaira aux fans du réalisateur (et hérisseront les poils de ses détracteurs), et les morts-vivants cassent les codes, mais de manière pas très réussie. Une production Netflix oubliable qui ne marquera pas les amateurs de films de zombies ni d'horreur tant le but du film n'est pas de faire peur, mais qui arrive tout de même à occuper le spectateur pendant 2h30, si celui-ci fait l'effort de débrancher son cerveau pour voir des morts-vivants, des gros bras armés et du sang. Car oui, Army of the Dead ne lésine pas sur l'hémoglobine, allant même parfois dans l’excès.

Note : 2 étoiles sur 5

Si vous voulez un film de zombies intelligent et bien mis en scène par Zack Snyder, L'Armée des Morts est à 11,99 € sur Amazon.

redacteur vignetteAmaury M. / Clint008
Rédacteur - Testeur
Explorateur de musiques plus ou moins bruyantes, collectionneur de casquettes et vinyles, vénérateur de Blade Runner et Deus Ex. J'aime les zombies et Cthulhu.
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Commenter 2 commentaires

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daerlnaxe
En fait on a eu le même problème quand Roméro a sortie après la version de Snyder de Dawn of the Dead un autre opus. Les zombies ont des émotions, les zombies peuvent utiliser des outils..; et c'est pas impossible que Resident Evil (les jeux) soient responsables à l'arrivée. Au final, selon les trailers, ne l'ayant pas vu et me méfiant, ça ressemble surtout à un Mad Max. Le côté politique je vous le laisse, même si je sais que c'était l'idée de départ pour Roméro. Mais là c'est juste trop... déjà faire courir les zombies je trouve que c'était suffisant, je crois que c'st 28 jours plus tard qui a initié ça, justement pour redonner un coup de jeune. Derrière il y avait une bonne dimension politique puisque la moitié du film porte quand même sur les comportements humains et c'est intéressant, il reste un très bon film, même si pas spécialement horrifique. Mais là on sent que tous essaient à chaque fois de franchir un cap comme si le genre était trop exploité, et i l faut dire qu'il l'est en fait... C'est le problème d'un manque de renouvellement, on a fait une licence de super héros et c'est parti. On fait une licence de zombis et ça s'enchaine... Pourtant il y a quand même un chouette bestiaire à exploiter, déjà ça fait combien de temps qu'on n'a pas vu un film avec des loups garous ?? C'st là je pense que le problème réside, un gros manque d'inspiration et du repompage à gogo... on sent le marché frileux qui préfère amener à saturation plutôt que de se risquer à exploiter d'autres pistes.
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