Avec Nine Sols, Red Candle Games quitte l’horreur psychologique de Detention et Devotion pour explorer un tout autre registre, celui du Metroidvania nerveux, exigeant et profondément marqué par l’esthétique taopunk. Notre avis sur la version PS5.
Nine Sols nous plonge dans New Kunlun, un monde étrange où se croisent technologie avancée, mythologie asiatique, spiritualité taoïste et violence froide. Le joueur incarne Yi, un héros revenu d’entre les morts pour traquer les neuf Sols, figures dominantes d’une civilisation aussi fascinante que cruelle. L’histoire ne sert pas seulement de toile de fond à l’exploration, elle donne progressivement du poids aux lieux traversés et aux ennemis affrontés.
Nine Sols ne cherche pas à impressionner par la surenchère, mais par la cohérence de son univers.
La première force du jeu vient de son identité visuelle. Chaque zone semble avoir été pensée pour raconter quelque chose avant même que le moindre dialogue ne soit lancé. Les environnements mélangent temples, laboratoires, machines, organes, circuits et décors organiques avec une vraie assurance artistique. Le style dessiné à la main donne beaucoup de caractère aux personnages, mais aussi aux ennemis, souvent dérangeants sans être grotesques.
La comparaison avec Hollow Knight viendra naturellement à l’esprit de nombreux joueurs, mais elle ne suffit pas à définir Nine Sols. Le jeu partage avec lui le goût des mondes labyrinthiques, des boss exigeants et d’une narration qui se dévoile par fragments. Pourtant, son atmosphère est plus tranchante, plus technologique et plus frontale dans sa violence. Là où d’autres Metroidvania misent sur le mystère ou la mélancolie, celui-ci impose une forme de tension permanente.
Le scénario surprend par son sérieux. Nine Sols parle de domination, de sacrifice, de mémoire, d’idéologie et de culpabilité, sans transformer chaque dialogue en discours pesant. Le jeu prend le temps de construire ses figures importantes, notamment les Sols, qui ne sont pas de simples obstacles posés au bout d’un niveau. Chacun apporte une facette différente à cet univers, et certains affrontements gagnent en impact grâce au travail narratif effectué en amont.
La localisation française accompagne correctement la découverte de cet univers dense, même si le mélange entre vocabulaire spirituel, éléments technologiques et noms propres demande parfois un peu d’attention. Ce point reste important dans un jeu où la narration repose autant sur l’ambiance que sur les dialogues et les éléments de contexte. Le texte demeure compréhensible, mais quelques termes méritent d’être lus avec soin pour bien saisir les enjeux de ce monde.
La version PS5 permet de découvrir le jeu dans de bonnes conditions, avec une image propre, une belle fluidité et une prise en main parfaitement adaptée à la manette. Le format console convient très bien au rythme du jeu, entre exploration, retours en arrière, combats précis et affrontements de boss qui demandent parfois plusieurs tentatives. À défaut d’un usage réellement marquant ou indispensable des spécificités de la DualSense, c’est surtout la précision des contrôles qui fait la différence.
L’ambiance sonore accompagne bien cette proposition. Les musiques savent rester discrètes lors des phases d’exploration, puis se montrer plus présentes dans les moments de tension. Les bruitages de combat jouent aussi un rôle central, car la parade repose beaucoup sur la sensation d’impact et de timing. Dans un jeu où chaque fraction de seconde compte, le retour sonore participe directement à la compréhension de l’action.
Ce premier contact laisse donc une impression nette. Nine Sols n’est pas seulement un beau Metroidvania, c’est un jeu avec un vrai ton, une vraie identité et une vraie dureté. Il attire par son style, mais il retient surtout par la cohérence entre son monde et ses mécaniques. Tout, ici, semble rappeler que la progression ne sera jamais offerte.





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