TEST Screamer, le retour arcade de Milestone assume vitesse, style et prise de risque
par Eric de BrocartNotre test de Screamer, le reboot arcade de Milestone. Un jeu de course nerveux, stylisé et exigeant, porté par une conduite originale, mais parfois trop chargé.
Le nom Screamer parlera surtout aux joueurs qui ont connu les années 90 sur PC, à une époque où la 3D polygonale, les sensations de vitesse et les jeux de course arcade cherchaient encore leur langage. Pour son retour, Milestone aurait pu simplement jouer la carte de la nostalgie. Le studio prend une autre direction, plus risquée, avec un jeu qui conserve l’idée d’une course rapide et accessible en apparence, tout en y ajoutant une vraie couche de technicité.
Screamer ne cherche pas seulement à ressusciter une licence, il tente de la réinventer pour un public habitué aux jeux nerveux, lisibles et compétitifs.
Le premier contact est assez clair. Screamer veut immédiatement donner une impression de vitesse, de tension et de style. Les véhicules filent sur des tracés urbains, industriels ou futuristes, avec une mise en scène très appuyée et une esthétique marquée par l’animation japonaise. Les couleurs claquent, les personnages ont une vraie présence visuelle et l’ensemble cherche à donner plus de personnalité qu’un simple jeu de voitures futuristes. On n’est pas dans une simulation, ni même dans un arcade racer totalement classique. Le jeu préfère construire son propre vocabulaire.
Cette identité visuelle fonctionne plutôt bien. Les bolides fictifs permettent au studio de s’éloigner du réalisme automobile pour se concentrer sur le design, la silhouette et l’agressivité des machines. Les circuits profitent aussi de cette liberté, avec des environnements lisibles, des décors chargés mais cohérents, et une direction artistique qui assume son côté manga de science-fiction. Certaines courses dégagent une vraie énergie, surtout quand les effets de vitesse, les attaques et les boosts s’enchaînent dans un même mouvement.
La mise en scène narrative occupe aussi une place plus importante que prévu. Screamer ne se contente pas d’enchaîner les championnats sans contexte. Le jeu met en avant des pilotes, des rivalités, des dialogues et une ambiance de tournoi clandestin futuriste. L’intention est intéressante, car elle donne un cadre à la progression et permet d’habiller les affrontements. En revanche, cette narration ne convaincra pas tout le monde avec la même force. Elle apporte du caractère, mais peut aussi sembler bavarde lorsque l’on veut simplement retourner sur la piste.
Là où le jeu marque vraiment sa différence, c’est dans son approche du pilotage. La conduite repose sur un système à deux sticks qui demande un vrai temps d’adaptation. Le stick gauche contrôle la direction, tandis que le stick droit agit sur la dérive et le comportement de l’arrière du véhicule. Sur le papier, l’idée peut sembler étrange. En pratique, elle donne une sensation de contrôle assez particulière, parfois très satisfaisante, mais aussi déstabilisante pendant les premières courses.
Cette proposition change profondément la façon d’aborder les virages. Il ne suffit pas de freiner, tourner et relancer comme dans beaucoup de jeux arcade. Il faut apprendre à placer la voiture, anticiper la glisse, corriger sa trajectoire et utiliser la dérive comme un outil de performance. Les premières minutes peuvent donc être maladroites, voire frustrantes, surtout si l’on tente de jouer à Screamer comme à un Ridge Racer, un Burnout ou un Need for Speed. Le jeu demande de désapprendre certains réflexes.
Une fois cette logique assimilée, les sensations deviennent plus intéressantes. Le pilotage gagne en précision et donne l’impression de vraiment maîtriser une machine instable lancée à pleine vitesse. Quand tout s’aligne, que le véhicule entre en glisse au bon moment, que le boost se déclenche dans la bonne portion et que la sortie de virage se fait proprement, Screamer trouve une vraie personnalité. Ce n’est pas toujours immédiat, mais c’est justement ce qui lui permet d’exister autrement qu’à travers la nostalgie de son nom.
Test réalisé sur une version PlayStation 5





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