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TEST Le Seigneur des Anneaux : Gollum, la désolation de Sméagol

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Les fans attendaient de retourner en Terre du Milieu avec impatience, mais ce voyage n’est pas inattendu, il est douloureux !

Le Hobbit ou Un aller simple vers la galère

Depuis la fin des années 2000, Daedalic Entertainment nous propose des jeux d’aventure façon point & click, avec plus ou moins de réussite, mais le studio allemand a quand même une belle réputation grâce aux Deponia. Cette fois, il s’est associé à l’éditeur Nacon pour accoucher d’un jeu d’action-aventure à la troisième axé sur l’infiltration, à savoir Le Seigneur des Anneaux : Gollum. Mais le pauvre Sméagol aurait peut-être dû rester enfermé au Mordor si c’était pour revenir sous cette forme...

Les références sont nombreuses, mais l’histoire manque de rythme.

The Lord of the Rings Gollum 04 05 2020 screenshot (11)Le Seigneur des Anneaux : Gollum se déroule donc entre les évènements du Hobbit et de La Fraternité de l’Anneau. Le semi-homme, rongé par l’Anneau Unique, s’est fait voler son Précieux par le vil Bessac et se fait capturer par des Orcs, qui l’enferment à Barad-dûr. Petit aparté : le jeu reprend la traduction française de Daniel Lauzon et non de Françis Ledoux, exit donc La Communauté de l’Anneau, La Comté ou encore Bilbon Saquet (des noms pourtant popularisés grâce aux films de Peter Jackson), place à Bilbo Bessac et Le Comté, mais qu’importe, les joueurs comprennent vite de quoi il s’agit.

Le Seigneur des Anneaux : Gollum suit donc les mésaventures de Sméagol, d’abord au Mordor puis dans la forêt de Grand’Peur, habitée par les Thranduil et autres Elfes. Le jeu reprend les grandes lignes déjà connues des lecteurs, mais va davantage dans les détails, pour un scénario qui n’est pas canon à l’univers de J.R.R. Tolkien, mais qui reste quand même extrêmement fidèle aux écrits de l’auteur anglais. Un régal pour les fans, les références sont nombreuses, mais l’histoire manque quand même de rythme, tout est très lent et le jeu traîne en longueur avec des séquences pas forcément bien utiles, que ce soit pour la narration ou le gameplay.

La Bataille des cinq touches

Et le gameplay, justement, a rapidement eu raison de notre patience. Le Seigneur des Anneaux : Gollum est un jeu d’aventure et d’action à la troisième personne, en 3D, permettant de contrôler Gollum, un Hobbit transformé en créature faible et perfide.

La moindre action devient particulièrement crispante.

Le Seigneur des Anneaux Gollum (7)L’action est donc finalement totalement absente pour laisser place à l’infiltration et à la plateforme, Sméagol peut ramper au sol et se cacher dans les herbes pour éviter les ennemis et surtout grimper sur diverses surfaces, si le jeu le veut. Du côté de la plateforme, c’est de la pure 3D moderne dans la lignée des Uncharted et Tomb Raider avec des rebords à agripper, ces derniers sont bien indiqués par une surface différente, difficile de se tromper. Mais voilà, le level design, très vertical, est peu inspiré et les mêmes mécaniques tournent en boucle du début à la fin de l’aventure, et la prise en main de Gollum n’arrange rien. Le gameplay est rigide et frustrant, les sauts sont difficiles à juger et donnent souvent lieu à des chutes idiotes, le personnage ne s'accroche parfois pas sur une surface du premier coup, il glisse, il se cogne contre des angles invisibles, etc. C’est la fête au grand n’importe quoi, la moindre action, surtout aérienne, devient particulièrement crispante et le joueur abandonne vite l’idée d’explorer les environnements pour se focaliser sur l’objectif. Il y a pourtant quelques objets à collecter dans les niveaux, ne débloquant rien si ce n’est un Trophée/Succès.

De toute manière, les décors sont généralement assez linéaires, il n’y a pas grand-chose à faire en dehors du chemin principal, même si certaines séquences offrent le choix entre deux ou trois passages pour atteindre l’objectif de mission, que ce soit au sol en se cachant ou en virevoltant au-dessus des ennemis. Cette possibilité n’est pas bien passionnante tant l’intelligence artificielle est aux fraises. Nous retrouvons des Orcs ou des Elfes qui suivent un chemin bien défini et font des rondes très précises, difficile de se faire repérer tant ils sont idiots, mais si cela arrive, c’est le Game Over presque immédiat. Gollum est faible et ne peut pas se battre, ses seules armes sont des pierres à lancer sur des objets pour éteindre des lumières et se cacher dans l’ombre ou pour distraire les ennemis. La fuite reste parfois une option, à condition de ne pas croiser directement un ennemi et d’éviter les flèches, car la santé descend très vite. Il est toutefois possible de se soigner avec divers objets comme des champignons, des insectes et bien évidemment du poisson fort bien goûteux.

Les Deux facettes du Hobbit

Les dix chapitres qui composent Le Seigneur des Anneaux : Gollum sont donc terriblement crispants, mais aussi frustrants, car finalement, nous avons vite l’impression de tourner en rond. Le jeu se termine en une bonne douzaine d’heures, un chiffre qui varie selon votre capacité à résoudre les rares énigmes présentes dans l’aventure, et nous ne voyons que deux vrais environnements différents : le Mordor et la forêt des Elfes.

Des décors artistiquement sublimes, inspirés par les dessins d’Alan Lee et John Howe.

Le Seigneur des Anneaux Gollum (2)Des décors artistiquement sublimes, fortement inspirés par les dessins d’Alan Lee et John Howe, nous avons une Barad-dûr vertigineuse avec des pierres et métaux anguleux, des pièces sombres et une architecture démoniaque, puis une forêt de Grand’Peur bien plus verdoyante, illuminée et reposante (même si Gollum est en froid avec les Elfes). Deux salles, deux ambiances, mais c’est à peu près tout ce que nous propose le jeu, c’est fidèle aux notes de Tolkien, mais vraiment dommage pour les fans qui auraient aimé voyager un peu plus. Daedalic Entertainment réussit quand même à nous proposer des décors artistiquement réussis, mais aussi des dilemmes parfaitement en adéquation avec le héros de son jeu.

Car si le jeu s’appelle Le Seigneur des Anneaux : Gollum, ce dernier partage la vedette avec Sméagol et nous avons ainsi le choix de répondre à certains PNJ ou faire des actions selon le tempérament de l’un ou l’autre. C’est au joueur de décider s’il veut être fourbe, vicieux et méchant comme Gollum ou gentil, craintif (et parfois un peu simplet) comme Sméagol. Il faut même parfois convaincre l’un ou l’autre de prendre certaines décisions en choisissant la bonne réplique lors de dialogues schizophrènes, c’est plutôt amusant et dans le pur esprit du Docteur Sméagol et Mister Gollum. Cela donne lieu à des échanges différents, voire même à des cinématiques alternatives, surtout en fin de partie. Bon, le montage est tellement abrupt que le joueur voit immédiatement quels choix donnent lieu à quels plans, mais il serait presque tenté de relancer une partie pour prendre des décisions différentes si le gameplay n’était pas aussi horripilant.

Le Retour des bugs

Avant de conclure, parlons tout de même de la partie technique du jeu, qui est dans la pure lignée de la prise en main... L’éditeur Nacon et le développeur Daedalic Entertainment ne sont pas de gros studios ayant les moyens de sortir des jeux AAA, mais quand même, Le Seigneur des Anneaux : Gollum est sacrément moche pour un jeu de 2023.

Le Seigneur des Anneaux : Gollum est sacrément moche.

Le Seigneur des Anneaux Gollum (4)Les développeurs ont opté pour des graphismes un peu cartoonesques, ce qui n’a rien de choquant en soi, cela donne un vrai cachet artistique aux décors notamment. Mais il faut aussi compter sur des visages sans détails et mal animés, une synchronisation labiale souvent ratée, des textures brouillonnes, des animations de PNJ rigides et des bugs de collisions, comme des objets passant au travers des doigts personnages, ou se trouvant à quelques centimètres de là où ils devraient être. Gollum s’en sort un peu mieux, le Hobbit est très moche, mais c’est ici un compliment, son visage est plutôt bien détaillé et ses animations sont assez réalistes, avec des pieds et mains collant au sol pendant les déplacements. Le seul souci chez lui vient des cheveux, la texture a souvent des problèmes de scintillement si l’option pour l’améliorer n’est pas activée. De manière plus globale, le jeu n’est pas spécialement bien optimisé et demande une grosse configuration pour pas grand-chose sur PC, mais un petit tour dans les options règle la plupart des problèmes. Comme si cela ne suffisait pas, nous avons aussi rencontré des bugs plus gênants, comme un trigger qui ne fonctionnait pas pour terminer le niveau, nous demandant de recommencer le chapitre entier ! Au passage, nous avons résolu une énigme (celle avec des cristaux) sans trop savoir comment : soit la logique nous a totalement échappé (c’est fort probable), soit il s’agissait encore d’un bug (c’est aussi possible).

Plus haut, nous évoquions la synchronisation labiale un peu ratée, nous avons joué au Seigneur des Anneaux : Gollum en version anglaise avec des sous-titres français, seul un doublage allemand est proposé en plus de celui-ci, et malgré avoir activé le DLC avec les voix des Elfes en Sindarin, impossible de les entendre parler en elfique... Cela reste du détail tant cela ne changerait rien au jeu, mais il y a de quoi tiquer, tout comme le pack d’emotes permettant de déclencher des animations et répliques de Gollum en pleine partie, dont le fameux « My Precious ». Oui, ces animations où le personnage bouge tout seul de manière rigolote quand le joueur a lâché la manette quelques secondes. Eh bien, ici, c’est un bonus de précommande. Reste la bande originale composée par le Broom Stella Music Collective, des musiques d’ambiance très réussies et qui ponctuent parfaitement les séquences de jeu.

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Vous l’aurez compris après la lecture de ces quelques lignes, Le Seigneur des Anneaux : Gollum n’est pas un jeu à recommander, et c’est une énorme déception pour tous les fans de l’univers imaginé par J.R.R. Tolkien. Daedalic Entertainment a vraiment fait des efforts pour que la narration soit intéressante, décrivant un chaînon manquant entre Le Hobbit et Le Seigneur des Anneaux : La Communauté/Fraternité de l’Anneau, le lore est bien présent et même la direction artistique arrive à nous plonger dans le monde de la Terre du Milieu. Mais le titre souffre d’un gameplay rigide, d’une linéarité frustrante et de nombreux soucis techniques, le plaisir est vite absent et le joueur n’a pas envie de pousser plus que ça dans l’exploration ou les choix. Dommage, car la double personnalité de Gollum/Sméagol est bien retranscrite, mais de bonnes idées ne font pas forcément un bon jeu.

Vous pouvez acheter Le Seigneur des Anneaux : Gollum à la Fnac à 59,99 €.

Les plus
  • L’univers du Seigneur des Anneaux bien respecté
  • La direction artistique qui rappelle les dessins de Lee et Howe
  • Gollum et Sméagol, une schizophrénie intéressante
  • Une durée de vie supérieure à 10 heures, c’est pas mal…
Les moins
  • … mais le joueur a envie de lâcher la manette après une heure
  • Le gameplay rigide et imprécis
  • L’histoire traîne un peu en longueur
  • Seulement deux vrais environnements différents
  • C’est très moche
  • C’est un peu buggué
Notation
Graphismes
9
20
Bande-son
15
20
Jouabilité
11
20
Durée de vie
15
20
Scénario
15
20
Verdict
11
20
redacteur vignetteClint008
Rédacteur - Testeur

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