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Werewolf The Apocalypse – Earthblood IMG officielle

TEST de Werewolf: The Apocalypse - Earthblood, gare au Garou

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Basé sur Loup-Garou : L'Apocalypse, l'Action-RPG donne la rage, mais pas celle de trancher ses ennemis.

Un Garou si seul

L'univers de jeux de rôle Le Monde des Ténèbres a la côte en ce moment, des jeux Vampire : La Mascarade arrivent par paquets, mais les studios français Cyanide et Nacon ont décidé de s'attaquer à Loup-Garou : L'Apocalypse en développant un Action-RPG avec des loups-garous donc, à savoir Werewolf: The Apocalypse – Earthblood. Un titre qui manque cruellement de saveur.

Le joueur a bien du mal à être passionné par l'histoire du jeu.

Werewolf The Apocalypse – Earthblood IMG officielle 02Werewolf: The Apocalypse – Earthblood s'ouvre par une cinématique nous rappelant les bases de son univers, où trois forces régissent la Nature, mais l'une d'elles se dérègle à cause de l'effet néfaste des Humains sur la Terre. Le scénario oppose Cahal, un Garou (rien à voir avec le chanteur, c'est le nom des lycanthropes dans cet univers) qui lutte contre Endron, une multinationale qui n'hésite pas à ravager les forêts pour forer son pétrole. À l'aide de sa tribu, Cahal tente de saboter l'une des bases d'Endron, ça se passe mal, et le héros poilu finit par commettre l'irréparable à cause de la Rage, une force qui lui augmente sa puissance, au détriment de son sang-froid. Après un exil loin de sa famille, Cahal revient embêter Endron. Werewolf: The Apocalypse – Earthblood propose un scénario très basique et manichéen, opposant les gentils écologistes aux méchants corporatistes, et malgré quelques révélations au fil de l'aventure, le joueur a bien du mal à être passionné par l'histoire du jeu, la faute à un rythme haché, des dialogues ennuyeux et une mise en scène ratée.

La partie technique n'aide pas non plus, Werewolf: The Apocalypse – Earthblood manque clairement de budget, cela se sent dès le début de l'aventure, lorsque le joueur découvre ses compagnons, des PNJ rigides et mal animés avec des expressions faciales inexistantes, sans oublier un raccord labial aux fraises, étonnant alors que le jeu n'est doublé qu'en anglais (avec des voix très passables, d'ailleurs). Tout au long de l'aventure, le joueur se demande où est passé l'argent, les textures sont brouillonnes, les environnements vides, les décors répétitifs malgré un changement d'ambiance en milieu de partie, même sur de veilles PS4 et Xbox One, le titre accuse son manque de budget, mais alors sur une Xbox Series S, c'est encore pire, le jeu a clairement quelques années de retard par rapport à la concurrence.

Cyanide, mais sans le bonheur

Pourtant, Cyanide avait sans aucun doute la volonté de faire un bon jeu, proposant notamment un gameplay qui essaye d'être varié. De base, le joueur contrôle Cahal, un homme chauve, barbu et musclé (qui manque de charisme pour un héros, quand même), évoluant plus ou moins librement dans des environnements un peu ouverts, avec des mécaniques de jeu d'infiltration... ratées.

C'est un peu amusant au début, mais rapidement très répétitif.

Werewolf The Apocalypse – Earthblood IMG officielle 01Le joueur ne commande pas grand-chose, Cahal se baisse automatiquement si la zone est surveillée par l'ennemi, il faut alors se déplacer derrière des obstacles pour éliminer discrètement les ennemis ou avancer vers l'objectif, sans se faire prendre. Ce qui est quand même vachement compliqué quand le héros n'est pas capable de déplacer les corps ! Rapidement, si un ennemi voit un cadavre, toute la pièce se met en alerte et ils finissent par trouver Cahal, qui se transforme alors en Garou (sans l'accent québécois). Là, Werewolf: The Apocalypse – Earthblood se transforme en beat'em all bête, méchant et poilu, le joueur peut frapper ses ennemis avec des coups rapides ou lents, un basique système de combo est là, mais il suffit finalement de spammer les deux boutons pour éliminer les ennemis. Il y a quand même des subtilités, avec la possibilité d'utiliser des attaques spéciales (à débloquer auparavant) avec des combinaisons de touches, et de passer de forme rapide à puissante d'une simple pression de touche. Là, les esquives sont quasiment inexistantes, le Garou est lent, mais frappe bien plus fort et résiste mieux aux dégâts. Et quand tout le monde est mort, Cahal se retransforme en humain, pour avancer jusqu'à la pièce suivante.

C'est un peu amusant au début, mais rapidement très répétitif, le gameplay n'évolue pas vraiment au fil de l'aventure malgré les coups spéciaux à débloquer via un arbre de compétences (contre de l'énergie à trouver dans les niveaux), et un tas de petites choses fait rager tout au long de l'aventure. Mais pas la rage qui donne de la force à Cahal, non, celle qui fait poser sa manette. Exemple, en infiltration, Cahal peut saboter des portes qui génèrent des renforts lorsque l'alarme sonne, mais au lieu de bloquer totalement l'accès, les ennemis arrivent quand même, avec un peu de santé en moins. Pour éliminer les adversaires de loin, le héros est équipé d'une arbalète, mais l'aide à la visée fait vraiment n'importe quoi quand deux ennemis sont proches, difficile de tirer correctement dans ces conditions. Et encore, ça, c'est quand deux ennemis ne se superposent pas, laissant croire qu'il n'y en a qu'un, merci les bugs de collisions, sans oublier le sang qui passe au travers des murs ou les interrupteurs affichés en orange (pour les portes bloquées), mais qui peuvent en fait être activés. Des soucis mineurs, il est vraiment, mais leur cumul agace.

Il y a quand même des choses intéressantes, comme la possibilité de se transformer à la volée en loup, l'animation est vraiment sympathique et fluide (malgré un effet de particule un peu grossier, mais bon, il faut se raccrocher à peu), le personnage se déplace alors plus vite, peut rentrer dans des conduits pour se faufiler à l'autre bout de la pièce et aboyer pour attirer des ennemis, mais cela fonctionne moyennement, l'IA étant vraiment sur des rails, et parfois aveugle, ou à l'inverse dotée d'yeux magiques pour voir Cahal derrière une barrière.

Werewolf The Apocalypse – Earthblood IMG officielle

Et il n'y a finalement pas grand-chose d'autre de positif à dire sur Werewolf: The Apocalypse – Earthblood. Le jeu de Cyanide a de bonnes idées, le studio avait sans aucun doute des ambitions, mais avec un scénario plat, un gameplay peu passionnant et répétitif et des soucis techniques, difficile de se plonger dans l'aventure. Au moins, celle-ci se termine en six à huit heures, selon le mode de difficulté et si vous voulez effectuer les quelques objectifs secondaires. Malgré deux fins possibles (qui influent sur les cinq dernières minutes du jeu), la rejouabilité est faible, et de toute façon, l'envie n'est pas vraiment là non plus.

Werewolf: The Apocalypse – Earthblood sort sur PC, PS4, Xbox One, PS5 et Xbox Series X | S, le jeu est affiché à 49,99 € sur Amazon. Mais jouez plutôt au jeu de rôle papier.

Les plus
  • Tabasser des méchants en Garou, c'est un peu amusant au début
  • La transformation en loup, c'est joli
  • La tentative d'avoir un gameplay varié entre agilité et férocité, à saluer
Les moins
  • Techniquement en retard, gros manque de budget
  • Le scénario pas intéressant
  • Le héros plat
  • C'est répétitif
  • Pas mal de petits bugs (pas bien méchants, ouf)
Notation
Graphisme
8
20
Bande son
12
20
Jouabilité
12
20
Durée de vie
11
20
Scénario
8
20
Verdict
8
20
redacteur vignetteAmaury M. / Clint008
Rédacteur - Testeur
Explorateur de musiques plus ou moins bruyantes, collectionneur de casquettes et vinyles, vénérateur de Blade Runner et Deus Ex. J'aime les zombies et Cthulhu.
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